Kasuku | Les grands magasins privilégient les dames
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Les grands magasins privilégient les dames

J’aime les grands magasins. J’ai toujours aimé les grands magasins. Ils me fascinent. Avez-vous remarqué qu’ils comportent généralement un demi-étage pour les hommes, un demi-étage pour les enfants et un étage et demi au moins pour les dames. Chez Globus, en prenant l’escalier roulant qui vous emmène du rez-de-chaussée au premier étage, vous vous trouvez immédiatement parmi les sous-vêtements féminins les plus coquins qui soient. Je me suis demandé si cela était propre à Globus, mais que nenni : j’ai parcouru de nombreux grands magasins dans le monde et cela semble être la règle générale. Dans un souci d’égalité des sexes, j’ai tenté tous les escaliers roulants possibles et je n’en ai jamais trouvé un seul qui me conduise droit vers les slips hommes. Le féminisme me semble aller trop loin.

Ces établissements ont tous aussi la même particularité : en entrant on se trouve entouré des multiples enseignes de produits de beauté qui guettent les femmes en quête d’une fontaine de jouvence. On trouve tous les noms de la profession : Lancôme, l’Oréal, Gucci, Guerlain, Clarins, Esthee Lauder et quelques dizaines d’autres encore. Les stands sont constitués de meubles laqués, noir ou rouge, parfois blanc. Les crèmes miracles, les flacons embaumants, les rouges à lèvres éclatants, les vernis à ongles brillants, tous sont bien rangés sous des vitres protectrices. Les dames qui règnent jalousement sur leur petit territoire portent généralement des habits noirs, parfois rouges. Elles ont, pour la plupart la taille mannequin. Comme disait Sacha Guitry, on voit que leur fond de teint est invisible. Les yeux sont encadrés de bleu ou de vert, les cils et les sourcils sont bien cirés, les lèvres écarlates, les ongles brillent. Celles qui auraient tendance à sortir un peu du gabarit standard portent alors une blouse de médecin blanche pour faire croire que leurs produits sont garantis par le monde médical. On voit qu’elles sont toute persuadées que la marque qu’elles représentent est meilleure que celles de ses voisines. La plupart des stands arborent l’image d’une star du monde people. Le sourire enivrant de Julia Roberts souligne la qualité des produits Lancôme, Nathalie Portman mise du Dior et Carole Bouquet soutient Clarins. Elles ont vendu leur image certainement pour des sommes qui leur vaudraient une taxation fiscale de 75% en France.

Parfois, dans un stand, un éphèbe tout de noir vêtu, les manches de chemise retroussées et dont le col déboutonné laisse poindre sa poitrine, dépose comme une caresse, une pointe de crème sur le visage d’une jeune quinquagénaire qui semble toute émoustillée de ces attouchements.

Mais les dames patronnesses veillent. Leur regard semble flotter au-dessus du va-et-vient des clientes potentielles qui semblent complètement indécises au milieu de cette offre pléthorique.

Mais ne nous y trompons pas, elles ont l’œil acéré. Dès qu’elles ont repéré une proie potentielle, un sourire rassurant entraine la victime vers leur stand qui se sent subitement rassurée au milieu de toutes les offres les plus mirobolantes. La dame patronnesse lui fait sentir qu’elle a fait le bon choix et qu’elle a échappé aux griffes de ses collègues. Ses produits sont les meilleurs. La preuve : ce sont les plus chers ! Mais quelle source de bienfaits ils prodiguent : crème de jour pour être la plus belle, crème de nuit pour apporter un baume apaisant, fond de teint largement éprouvé par les principales actrices de cinéma, rouge à lèvre faisant fondre les plus improbables amants, bref, l’attirail complet de la beauté féminine. La cliente, rougissante à l’effet qu’elle va produire dorénavant sur la gent masculine, règle sans sourciller la facture avec la carte de banque que son mari lui a imprudemment confiée.

Oui, les grands magasins sont fascinants !