Kasuku | Statistiques idiotes et impertinentes
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Statistiques idiotes et impertinentes

L’usage des statistiques est une source de réflexion passionnante. J’ai toujours été fasciné par les statistiques. On m’a toujours expliqué qu’elles avaient pour but de réunir des données objectives qui sont ensuite utilisées pour établir des tendances qui, à leur tour, justifient des prises de décisions importantes.

Les politiciens s’en servent constamment pour étayer leurs discours et nous faire croire que ce ne sont ni les échéances électorales ni le nombre de voix que cela leur apporte qui motivent leurs décisions. Mais, ce qui apparait comme certain, c’est qu’ils choisissent les statistiques qui leur conviennent en écartant résolument celles qui les dérangent. Pour le démontrer, j’ai choisi de vous présenter ici quelques exemples :

Prenons par exemple les statistiques des dépenses de santé : il paraît qu’en moyenne, le 90% des dépenses de santé d’un individu concerne uniquement sa dernière année de vie. Les ministres de la santé publique, qui ont comme principal soucis les déficits incessants de leur dicastère, ne semblent pas connaître cette statistique. En effet, s’ils encourageaient chaque individu à rejoindre spontanément le paradis une année plus tôt que prévu, par solidarité avec les cotisants de la Sécurité sociale, on pourrait diminuer ces déficits de 90%, diminuant du même coup les déficits des caisses de pension.

Avez-vous encore remarqué que les politiciens ne tiennent jamais compte d’autres individus que ceux qui peuvent leur apporter des voix lors d’échéances électorales. Essayons donc d’avoir une plus grande largeur d’esprit et associons quelques autres espèces voisines de la nôtre sans lesquelles notre vie ne serait pas possible. Prenons comme exemple la France et ne considérons que quatre catégories d’habitants : les vers de terre, les cochons, les vaches et les hommes. En nombre d’individus, les statistiques nous fournissent les données suivantes :

 

Habitants de la France en nombre d’individus
Vers de terre 70’000 milliards
Hommes 63 millions
Vaches 20 millions
Cochons* 15 millions

*sans tenir compte de l’avis de femmes qui prétendent que tous les hommes sont des cochons.

 

Comme on ne peut pas attribuer la même valeur à un ver de 5 grammes qu’à celle d’un homme de 80 kilos, on peut aussi présenter cette statistique en poids, ce qui paraît plus logique :

 

Habitants de la France, en poids
Vers de terre 350 millions de tonnes
Hommes 15 millions de tonnes
Vaches 4,7 millions de tonnes
Cochons* 1,3 millions de tonnes

 

Cette statistique est un peu faussée par l’arbitraire de nos dirigeants. En effet, la masse attribuée aux cochons est un peu sous estimée car on les sacrifie dès qu’ils atteignent 105 kg. Si on faisait subir le même traitement aux humains dès qu’ils dépassent un certain degré d’obésité, la statistique serait probablement différente et, accessoirement, on aurait résolu un problème de santé publique.

Quant aux vaches, on sait aujourd’hui qu’elles pètent presque un demi-mètre cube de méthane par jour, ce qui représente annuellement environ 2 milliards de mètres cube. Si à cela on ajoutait le méthane produit par les moutons, les chèvres et les chevaux, on pourrait certainement chauffer plusieurs grandes villes en hiver !

Revenons aux vers de terre : il y a là une source colossale de protéines et si l’homme, qui trouve déjà les escargots si délicieux, acceptait de passer au régime lombric au lieu de consommer de la viande de boeuf ou de porc, cela permettrait de diminuer de moitié les surfaces cultivées en céréales (nécessaire à l’alimentation des vaches) et supprimerait du même coup la pollution due au méthane émis par ces animaux. Ces surfaces pourraient alors être consacrées à des plantes destinées à produire des biocarburants ! Oui vraiment, les politiciens ne savent pas lire les statistiques ni trouver des solutions que celles-ci nous invitent à choisir !

Dans un tout autre domaine encore, examinons les prix de divers produits d’usage courant exprimé en poids.

 

Prix de divers articles de consommation courante
Subaru Justy 63 X 13 €/kg
Peugeot 607 24 €/kg
Filet de boeuf 30 €/kg
Mouchoirs en papier 30 €/kg
Thé 80 €/kg
Cigarettes 100 €/kg

 

On constate que si on renonce à acquérir un kilo de cigarettes, on peut se payer largement 4 kg de Peugeot 607 ou presque 8 kg de Subaru. Il est dommage que la Subaru ne soit pas comestible car son prix est nettement moins élevé que celui du filet de boeuf. Vraiment, la voiture ne coûte pas bien cher ! Dommage qu’elle pollue !